Avancer sans s’épuiser d’Émilie Viens : ce livre est arrivé pile quand j’en avais besoin
Note : Le cadre des 4 saisons est né sur le blogue d’Émilie en 2021. Ce livre, dont on fait la revue ici, en est le prolongement.
Table of Contents
ToggleDire que le livre Avancer sans s’épuiser d’Émilie Viens est touchant est un euphémisme.
Ça brasse.
Il vient ouvrir dans ta conscience un champ de possibles insoupçonné.
Entre guide pratique et témoignage, je me suis laissée porter par son récit intimiste.
Que tu veuilles lire une histoire ou avoir des conseils, tu seras servi·e!
Ce temps-là, tu ne l’investis pas : tu te l’offres.
Comment ce livre a croisé ma route
J’ai mis plus de 6 mois à écrire cette revue.
J’étais au lancement du livre d’Émilie Viens le 14 février dernier, à la Librairie La Liberté. Émilie est conseillère en planification consciente, elle accompagne les entrepreneures à planifier leurs projets sans y laisser leur santé. J’ai fait signer ma copie en promettant à Émilie une revue sur mon blogue.
C’est le 3e épisode du podcast Et si on osait, animé par Mylène et Marie et dans lequel Émilie était invitée, qui m’a ramenée à ce petit projet. De retour de vacances, j’ai enfin eu l’espace pour m’y mettre.
Je constate que des journées de déconnexion totale en dehors de chez moi sont nécessaires pour retrouver de la clarté.
Un livre arrivé à point
Revenons à nos moutons.
J’ai lu Avancer sans s’épuiser à un moment où j’avais du mal à naviguer entre un emploi à temps partiel et mes mandats de travailleuse autonome. Je commençais tranquillement à me diriger vers un retour à temps plein à mon compte après un an et demi à explorer un autre type de quotidien.
Ce livre est arrivé au bon moment. J’étais en transition, puis je me demandais comment amorcer cette nouvelle étape professionnelle sans me casser les dents.
Ce qu’on trouve entre les pages
La table des matières révèle le contenu : de courts chapitres ponctués de tranches de vie, d’introspection, de storytelling et de conseils pratiques. Une pointe de poésie survole le tout, sous la forme du temps vu à travers les 4 saisons : l’automne ouvre le bal, l’été termine la valse. Ça se sent que l’autrice adore écrire et c’est un délice de lire ses envolées qui percent la dureté de son histoire.
Elle raconte son histoire alors qu’elle est une planificatrice d’événements chevronnée, une professionnelle qui en a vu couler de l’eau sous les ponts. Elle t’invite dans sa tête et te parle concrètement de son cheminement mental à travers les mois et les années.
L’automne : la chute feutrée
Si tu n’as pas vécu un épuisement professionnel, tu ne sais peut-être pas combien c’est insidieux. Ça s’installe tranquillement comme un chat sur ta chaise de bureau. Qui chasse perd sa place! Ton bien-être fiche le camp graduellement au fur et à mesure que les pensées parasites et les fausses croyances élisent domicile dans ton subconscient.
Quand tu es dans ton automne, tu perds des plumes, mais tu te dis que c’est normal, que ça fait partie du quotidien de tout le monde. Certes, ça arrive à tout le monde de trouver ça dur, mais… Tu évacues la simple possibilité que tu puisses vivre ce que tu vis : une lente descente vers un état plus permanent que ça ne devrait l’être.
Émilie décrit cette phase plus intimement que moi (p. 74) :
« De l’extérieur, vous êtes la même personne, mais c’est à l’intérieur que l’eau se trouble et qu’elle tourbillonne dans une danse incompréhensible. Votre corps vous parle, mais vous ne l’entendez pas, parce que vous êtes trop occupé à vous faire croire qu’être stressé et fatigué est une marque de productivité moderne. »
L’hiver : le point de cassure
L’hiver, c’est le point de non-retour. La protagoniste touche le fond et commence à reconnaître qu’il y a un grave problème et qu’il est nécessaire de s’arrêter. C’est la levée des armes, le repos qui incite à la contemplation et à l’ouverture vers la guérison. On perce la carapace de la résistance.
Émilie partage ce qu’elle a appris pendant cette période difficile. Ces éléments ne sont pas des leçons, mais des échantillons de sagesse acquis par la force des choses.
Le printemps : renaître autrement
Le printemps, c’est le moment où éclosent les nouveaux rêves, qui ne ressemblent en rien aux aspirations passées. On sème les graines et on commence à récolter quand ça fleurit. On est prêt à revivre.
Ce qu’elle a appris à la dure a été la bougie d’allumage de la suite de son aventure : la mise en place de son entreprise, à commencer par l’écriture de son blogue. Pour décrire ce qu’on découvre en lâchant prise sur le contrôle, Émilie cite Leonard Cohen (p. 138) :
« Forget your perfect offering. There is a crack, a crack in everything. That’s how the light gets in. » / Traduction libre : Oublie ta parfaite offrande. Il y a une fissure, une fissure dans tout. C’est par là que la lumière entre.
L’été : revivre, enfin
Enfin, l’été, on se permet de revivre.
Tu te laisses surprendre par la chaleur qui te ranime et te donne l’élan de mener tes projets à bien.
Tout est plus léger parce que chaque décision passe par le filtre : est-ce que ça respecte mon bien-être?
Le courage de témoigner
Chaque personne vit son épuisement à sa façon. Rares sont les personnes qui ont le courage de témoigner de leur parcours avec autant de vulnérabilité et d’authenticité (ben oui, c’est de la vérité brute et transparente).
Comme Émilie le raconte et le détaille, les mensonges qu’on se raconte sont nombreux et coriaces à effacer de sa conscience.
Je suis persuadée que tu pourras te reconnaître dans au moins un de ces mensonges parce que tu te l’es peut-être déjà raconté toi aussi.
Ce que j’en retiens
Si tu as toujours tiré ta fierté de tes accomplissements, tu te retrouveras en lisant les mots d’Émilie.
L’épuisement professionnel porte différents visages. Le parcours d’Émilie en est un parmi tant d’autres. N’hésite pas à consulter un·e professionnel·le de la santé si tu sens que ton état devient préoccupant. N’importe qui peut le vivre et ça peut même être le cas pour une personne établie qui semble avoir une vie parfaite, de l’extérieur.
L’accompagnement d’Émilie en planification commence d’ailleurs souvent par une phase de journaling. Si tu veux prendre des décisions éclairées, il est judicieux de valider que c’est bien aligné avec ton positionnement, surtout si tu es à ton compte.
Note : Ceci est ma revue personnelle. Je t’invite à découvrir le livre par toi-même pour te forger ton propre avis en te le procurant sur le site d’Émilie, chez un détaillant près de chez toi ou en l’empruntant à la bibliothèque.
